Tribune du Moniteur par Laurent Miguet

Pour hiérarchiser et programmer leurs investissements dans la maintenance des lycées et collèges, les élus du 27 juin pourront profiter d’un outil et d’une équipe d’experts : avec son logiciel Simeo, le spécialiste de la maintenance prédictive des bâtiments et infrastructures Oxand profite de la campagne électorale pour intensifier son offensive en direction des bâtiments scolaires.

20 départements et régions ont déjà choisi Simeo, pour améliorer la gestion prédictive de leurs collèges et lycées.

Auréolée par le label French Tech, la PME Oxand profite des élections départementales et régionales pour mener sa propre campagne auprès des futurs élus : « Le titre de champion décerné en 2020 par le pôle de compétitivité francilien Systematic récompense la déployabilité de notre solution digitale », s’enorgueillit Rémy Jacquier, président exécutif.

L’impulsion du décret tertiaire

Le boom promis au marché justifie l’offensive : Oxand entend prendre sa part des 40 milliards d’euros que devront investir les collectivités dans les 10 ans à venir pour réduire les consommations énergétiques de leur patrimoine scolaire, conformément aux obligations posées par le décret tertiaire.

En cours de renouvellement, le contrat cadre multi-éditeurs signé en 2018 avec l’Ugap renforce la légitimité d’une offre susceptible d’accélérer le rayonnement national de la PME née en 2002 à Avon (Seine-et-Marne), à l’issue de l’essaimage d’une équipe d’EDF spécialisée dans le vieillissement du béton et ses impacts sur la gestion des centrales nucléaires. Cette carte de visite initiale a facilité la pénétration des grands comptes de la région capitale, à commencer par le ministère des armées et ses 80 000 bâtiments.

La culture du risque

La réduction de la facture finale constitue la clé de l’argumentation : « Quand un gestionnaire s’abstient de surveiller la toiture terrasse d’un lycée des années 1970, il s’expose à devoir assumer les coûts de la fermeture du dernier étage, le jour où les infiltrations commencent », prévient Rémy Jacquier, avant de rappeler que 40 % des bâtiments scolaires datent d’avant 1970. Cet exemple illustre le premier objet de Simeo : la connaissance du patrimoine.

De là découlent ses trois autres cibles : l’aide à la décision, pour investir au bon moment et aux bons endroits ; le changement de culture, pour habituer les gestionnaires à anticiper et maîtriser les risques ; et enfin l’élaboration d’un modèle par métiers.

« L’intelligence artificielle n’a pas encore abouti au stade où la machine peut tout faire », commente le président exécutif. Tout en intégrant les capteurs et le Bim, Simeo parie sur la primauté des équipes de gestionnaires, accompagnées par ses propres experts.

La piste des contrats globaux

Forte de 80 salariés pour 14 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 10 en France réalisés à 80 % dans la maîtrise d’ouvrage publique, Oxand inscrit son développement dans la continuité de ses valeurs  fondatrices : « Nés à côté de la forêt de Fontainebleau, nous avons choisi le nom de la société en référence au chêne et au sable, symboles de vie et de malléabilité », rappelle le dirigeant et actionnaire de la société majoritairement détenue par le fonds français Latour Capital.

L’introduction de l’analyse du cycle de vie dans la réglementation environnementale 2020 vient donner une nouvelle impulsion à l’élan initial.

Si les collectivités constituent le premier vecteur identifié pour consolider une couverture nationale – y compris les petites villes avec une offre spécifique lancée cette année – Oxand ne néglige pas d’autres pistes : pour fonder leurs offres de maintenance sur une expertise reconnue et opposable dans leurs réponses aux marchés globaux de performance, les entreprises générales sollicitent régulièrement la PME de Seine-et-Marne. « Nous répondons quand il n’y a pas de risque de conflit d’intérêt, dans un seul groupement par appel à concurrence », précise Rémy Jacquier.

La bataille du neuf

Si la crise du Covid a contrarié sa percée dans l’immobilier privé, Oxand n’en anticipe pas moins un réveil des foncières à partir de la mi-2022, à la faveur du développement des critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance (ESG) requis par l’investissement socialement responsable (ISR). A plus long terme, Rémy Jacquier ne doute pas que le changement de culture permettra d’ajouter une autre corde à son arc : la construction neuve. « La bataille commence dès le début de la vie d’un bâtiment », argumente le président.