Entretien avec Objectif Métropoles de France

Les collectivités locales sont au cœur de la transition écologique. Elles ne se contentent pas seulement d’impulser le changement : le législateur leur impose aujourd’hui d’améliorer la performance énergétique de leur bâti. Oxand, une entreprise leader de la gestion patrimoniale prédictive, les aide à y parvenir. Entretien avec le PDG, Remy Jacquier.

Propos recueillis par Sébastien Fournier

Les collectivités locales vont se voir contraintes par la loi Climat de réduire la consommation énergétique de leurs bâtiments. Or, elles n’ont pas toujours la connaissance fine de leur patrimoine. Comment les y aider ?

Connaître son patrimoine, c’est un enjeu clé pour piloter la transition énergétique. Quelle est la consommation des bâtiments, comment vieillissent-ils ? Ces éléments sont déterminants pour améliorer leur performance. Souvent, les collectivités territoriales se heurtent à deux écueils : une absence ou une profusion de données. Pour les aider, Oxand propose une approche smart data : constituer un socle d’informations minimal ou, lorsqu’il y en a trop, structurer les données afin de les rendre exploitables. Le but est de développer, grâce à des outils logiciels, des modèles prédictifs qui permettent aux acteurs locaux de voir comment leur patrimoine va évoluer dans le temps selon plusieurs scénarios. C’est une véritable aide à la décision pour s’engager dans une trajectoire de décarbonation. Avec la digitalisation des processus décisionnels de gestion patrimoniale et d’investissements, vous pouvez trouver le bon équilibre.

La connaissance du patrimoine peut permettre aussi de faire des économies…

L’efficience économique et la performance énergétique vont de pair. Nous aidons les collectivités à baisser le coût total de possession de leurs bâtiments et de leurs infrastructures. C’est le premier poste de dépenses des collectivités locales. Tous les élus ont pour principale préoccupation le bon usage des deniers publics. La réglementation évolue et il faut être au rendez-vous de la transition verte. Mais il y a des contraintes budgétaires importantes. Tout investissement doit à terme diminuer les dépenses de fonctionnement.

L’approche prédictive que vous développez permet-elle aussi de préserver le patrimoine et d’anticiper d’éventuels accidents ?

La gestion des risques est aussi au cœur de notre métier. Un patrimoine bâti important, c’est beaucoup d’opportunités mais c’est aussi beaucoup de risques. En France, le patrimoine est assez vieillissant et beaucoup d’élus et de DGS s’en préoccupent peu. Nous avons tous en tête des événements dramatiques comme l’effondrement d’un pont à Mirepoix-sur-Tarn ou des immeubles de la rue d’Aubagne à Marseille. Il y a beaucoup d’arrêtés de péril. Mais dans bien des cas, ces situations pourraient être anticipées avec l’approche prédictive. Grâce à des notes d’état et des notes de gravité, couvrant plusieurs champs, la sécurité bien entendu, nous pouvons faire une cartographie des risques du patrimoine. Les collectivités peuvent ainsi anticiper des réparations. Cette approche est urgente pour les ouvrages d’art notamment.