Le décret tertiaire, entré en vigueur en octobre 2019, fixe des objectifs ambitieux pour réduire la consommation énergétique des bâtiments tertiaires.

Comme nous l’expliquions récemment dans cet article, la mise en œuvre du décret tertiaire implique de collecter certaines données sur son patrimoine immobilier, et de mettre en place un double plan d’action à court terme en améliorant l’usage et la régulation et à long terme en planifiant la rénovation des bâtiments et le remplacement d’équipements.

Nous avons identifié 5 principaux risques pour les gestionnaires de patrimoine, 5 erreurs à éviter, pour limiter vos coûts et piloter votre plan d’action de façon efficace.

 

1.   Avoir une stratégie rigide

Première erreur à ne pas commettre : adopter une stratégie trop rigide, qui ne soit pas alignée avec la réalité.

On peut être tenté de créer dès le début un cadre formel, de planifier les actions de façon précise et détaillée sur le long terme. Fixer ce plan d’actions vous demandera beaucoup de temps, et il risque d’être rapidement caduc. En effet, il va se confronter aux aléas, aux réalités du quotidien qui vont remettre en cause assez vite toute votre stratégie.

C’est pourquoi nous recommandons de mettre en place une stratégie agile, avec différents scénarios dynamiques, afin que vous puissiez réorienter votre plan d’action au fil des événements. C’est une course de fond, pas un sprint : économisez votre énergie !

2.   Ne pas digitaliser sa démarche

Deuxième erreur : sauter l’étape de la digitalisation, pour gagner du temps dans l’initialisation du projet.

Bien sûr, l’étape de digitalisation des données de vos bâtiments va prendre un peu de temps au début. Mais elle va surtout vous permettre de sécuriser, et fiabiliser votre stratégie !

En digitalisant, on s’appuie sur des informations fiables, uniformes, vérifiées. Cela va vous permettre de plus facilement vous projeter sur 10, 20, 30 ans. Et cela va vous être d’un grand secours dans le suivi du projet, pour mesurer chaque année les économies d’énergie réalisées, et revoir votre feuille de route.

Autre avantage de la digitalisation : aucun risque de perte d’information. On ne parle pas ici d’un projet sur 5 ans mais d’un projet qui nous emmène jusqu’en 2050. D’ici là, vos équipes vont évoluer. Le départ d’un sachant ne doit pas être synonyme de perte d’information. La digitalisation évite ce risque, et aide à passer le relais.

3.   Mal connaître les bâtiments et leurs caractéristiques

Troisième erreur : méconnaître les caractéristiques des bâtiments, ou du moins, ne pas les prendre en compte dans la priorisation des actions.

En effet, certaines informations doivent impérativement être intégrées dans la réflexion :

  • L’état général des bâtiments
  • Les projets futurs
  • L’usage actuel des bâtiments, mais aussi leur usage futur (qui peut être différent)
  • Le taux d’occupation passé, actuel et futur des bâtiments
  • La consommation d’énergie à date

Négliger l’une ou l’autre de ces informations pourrait vous amener à prendre de mauvaises décisions, ou en tout cas, à mal prioriser les actions de rénovation énergétique.

Par exemple, on ne doit pas avoir la même stratégie sur les bâtiments à l’avenir incertain que sur les bâtiments dont on connaît bien l’usage futur.

4.   Ne pas mesurer le ROI de chaque action

Quatrième erreur : négliger la mesure de l’impact de chaque action, en fonction d’un ratio coûts/bénéfices.

Il faut pouvoir prioriser les actions en fonction de vos capacités humaines, financières, et en fonction des bénéfices attendus. D’où l’importance de digitaliser les données, pour pouvoir comparer les différents scénarios et observer votre plan d’action sous plusieurs facettes.

5.   Se contenter du décret tertiaire… et négliger le reste !

Cinquième et dernière erreur à ne pas commettre : Orienter trop fortement vos opérations de maintenance sous l’angle de la mise en application du décret tertiaire.

L’enjeu du décret tertiaire ne doit pas biaiser les autres enjeux : sécurité d’exploitation, continuité d’exploitation, image de marque ou performance commerciale. Il est nécessaire de mettre toutes les parties prenantes autour de la table, et de programmer les opérations de rénovation énergétique en tenant compte des autres enjeux.

Il peut être intéressant de faire coïncider les travaux générateurs d’économies d’énergies avec d’autres travaux de maintenance nécessaires, si vos finances le permettent. Dans tous les cas, l’enjeu énergétique ne doit pas vous faire détourner les yeux des autres enjeux d’exploitation pour les utilisateurs du bâtiment.