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France : Comment prioriser les actions de maintenance sur un très large parc d’infrastructures ?

Portfolio SID

Interview de l’Ingénieur Général René Stephan, Directeur Central du Service d’Infrastructure du Ministère de la Défense en France

Créé en 2005 par le regroupement des différents services infrastructures des armées, le Service d’Infrastructure de la Défense (SID), s’est vu confier en 2010, dans le cadre de la réforme du Ministère de la Défense, la responsabilité du maintien en condition de l’ensemble du patrimoine du Ministère. Composé de bâtiments, d’aéroports, de ports, de camps… ce patrimoine représente à lui seul environ 40 % du parc immobilier de l’État français.

Vous travaillez avec Oxand depuis 2011 dans un contexte de rationalisation des ressources dédiées à la maintenance du patrimoine du Ministère de la Défense. Quels sont les enjeux associés à ce projet ?

Pour relever le défi qui nous a été fixé en 2010, et dans un contexte de ressources dédiées à la maintenance de plus en plus contraintes, notre service s’est profondément réorganisé et a souhaité développer une démarche « professionnelle ». Notre objectif était d’avoir une meilleure visibilité de la situation du patrimoine et de renforcer notre rôle d’assistance aux États-Majors et Hautes Autorités afin d’arbitrer sur les priorités ministérielles.

La démarche proposée par Oxand, fondée sur une approche par les risques, est apparue très vite comme pertinente et répondant tout à fait aux enjeux du SID. Il nous fallait en effet :
• D’une part, évaluer les besoins en ressources sur les dix années à venir en nous appuyant sur la connaissance la plus exhaustive possible du patrimoine ministériel, en termes de qualité et de priorité : cette évaluation doit éclairer les choix budgétaires opérés au plus haut niveau.
• D’autre part, répartir, au regard des risques encourus, la ressource budgétaire disponible sur le territoire national (risques sur le plan opérationnel mais aussi sécurité des biens et des personnes).

Quels bénéfices voyez-vous dans la démarche proposée par Oxand ?

Les bénéfices ont été très vite perceptibles. Conduite en mode projet, la démarche a fait assez rapidement l’adhésion auprès de l’ensemble des parties prenantes du Ministère du fait de sa rigueur, son objectivité et son « bon sens » qui la rend difficilement contestable.
Bien qu’ils doivent encore faire l’objet de consolidation, les résultats constituent d’ores et déjà une référence pour les différents acteurs ministériels concernés, que ce soit à l’échelon central ou local. Après deux ans de déploiement, le Service peut déjà s’appuyer sur des résultats concrets :
• La cartographie de performance du patrimoine a été établie, base de défense par base défense, type d’ouvrage par type d’ouvrage.
• Une première évaluation des budgets nécessaires a pu être présentée par le Service lors des travaux sur la loi de programmation militaire.

Le défi à relever était de taille, dans un délai très serré et en pleine réorganisation. Quels critères avez-vous retenus en priorité pour décider de pérenniser cette solution?

Le seul objectif de cartographier le patrimoine de la Défense, qui représente 40 % environ du parc immobilier de l’État français et dont la diversité est maximale, constituait en soi un challenge !
Cet objectif a pu être rempli, malgré le contexte compliqué de réorganisation du Service, car nos établissements ont très bien compris les enjeux attachés à cette démarche et le bénéfice que pouvaient en tirer le SID et plus généralement le Ministère.
Les premiers résultats constituent pour nous un vrai atout, particulièrement au moment où nous devons élaborer notre projet de service pour les 5 ans à venir.
Mais il ne s’agit pas de rester au milieu du gué. Il convient maintenant d’exploiter tout le potentiel de l’outil car cette démarche suscite des attentes fortes auxquelles l’équipe projet s’attache à répondre, avec l’appui d’Oxand.
En premier lieu, il s’agit de traduire ces résultats de façon concrète en définissant notre politique de maintenance.
En second lieu, le Service, au-delà de l’équipe projet, doit s’approprier totalement cette démarche et la faire vivre. C’est maintenant le challenge : il faut pérenniser cette solution par une mise à jour régulière et une fiabilité toujours plus grande des données patrimoniales.

Vous envisagez de prolonger les travaux avec Oxand. Quel accompagnement attendez-vous de notre société?

La technologie Simeo™ d’Oxand doit nous permettre de consolider l’ensemble de nos données et de les traiter à l’échelle de notre parc immobilier, en nous appuyant sur l’ensemble des bibliothèques de coûts développées par Oxand.
D’autre part, la démarche déployée depuis 2 ans a nécessité beaucoup de rigueur. En inscrivant cette démarche dans ses processus internes, le SID doit préserver cette rigueur. J’attends d’Oxand qu’il nous conseille dans la mise en place d’une organisation pérenne et nous assiste pour consolider nos procédures.
Par ailleurs, le Service doit pouvoir exploiter tout le potentiel de cette démarche. Le rythme très soutenu du déploiement, les choix qu’il a parfois été nécessaire d’opérer compte tenu de contraintes environnantes, ont peut-être conduit à renoncer ou repousser certaines idées.
Or, le Service doit pouvoir fiabiliser, consolider la démarche et envisager différentes stratégies ou scénarios pour l’avenir.
L’expérience d’Oxand est donc fondamentale sur ce point. Le transfert de compétences de la société Oxand vers le SID est déterminant pour la réussite de cette nouvelle phase du projet.

Quelques chiffres significatifs qui présentent la part du patrimoine immobilier du Ministère de la Défense pris en compte dans le périmètre du projet

  • 3 200 immeubles domaniaux, 70 000 ouvrages
  • 250 000 hectares
  • 27 millions de m² de surface bâtie
  • 51 bases de défense
  • 3 ports
  • une quinzaine de sites industriels ou de recherche
  • une trentaine de bases aériennes et aéronavales
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